Voyageur au grand coeur : Julien Leblay.

Le salon du Livre de Thénac, le 24 et 25 Mars 2012..

Par un soleil radieux, au petit matin du dimanche, je suis allée mettre mon nez sur ce fameux salon. Au détour des nombreux écrivains, J'ai rencontré deux hommes, deux artistes de la vie. Oui deux. Une paire quoi.

Tout d'abord Julien Leblay. Si je recopie la carte qu'il m'a donné ça donne ça : ancien transfusé qui effectue un tour du monde par étapes pour promouvoir le don du sang. Et au dos de la carte, un homme à vélo. .http://www.voyage-grand-coeur.org/ voici le lien de l'association dont il fait parti .

 Voilà tout ce que je sais de lui. Je n'ai rien lu de lui et ne connais pas son association alors essayons d'en savoir un peu plus.

Je suis donc aller voir plus loin et j'ai échangé quelques mots avec lui. A mon humble avis , c'est un mec qui gagnerait à être connu.

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Bonjour Julien,

Comment t'es venue cette idée de faire ce tour du monde à vélo ? Ça t'a pris comme une envie de pisser ou tu l'as toujours rêvé ?

L’idée de faire un “tour du monde” à bicyclette est venue petit à petit. En 2003, avec mon ami Fabien Leszczynski nous avons décidé de nous lancer pour un tour d’Europe, lui à moto, moi à vélo. Nous avons réalisé cette première aventure en 2004 : 5400 kilomètres parcourus en 31 étapes qui nous ont valu d’être sur le livre “Records”. L’année suivante je suis parti en Nouvelle-Zélande et en ai profité pour faire une petite virée à vélo de 3000 kilomètres, seul cette fois-ci. Enchanté par ces premières expériences, j’ai décidé de poursuivre l’aventure en ex-yougoslavie, puis en Amérique du sud et enfin en Asie. Par petits bouts de 3000 à 21000 kilomètres, mon compteur est à 50.000km. Ce n’est pas un “tour du monde” à proprement parler, mais plus un voyage autour du monde en plusieurs étapes, plusieurs petites ou longues étapes.

 

J'ai vu sur votre site que tu n'es pas tout seul à parcourir le monde de cette manière.

Tu as même fondé un collectif, quel but ? Quel message à retenir ?

En effet nous avons créé avec Fabien une association : les Voyageurs au grand Coeur. Elle a pour objectif de promouvoir le don du sang en parcourant les routes du monde à vélo. Plusieurs voyageurs nous ont rejoint : Colette Paquet et Gabriel Perrony ont parcouru plus de 7000 kilomètres en plsuieurs voyages pour promouvoir le don du sang, et David Tréca et Pierre Delannoy s’apprêtent à partir en Amérique du sud pour une virée de 5000 kilomètres en été 2012. L’idée est toujours la même : les voyageurs à vélo portant la cause du don du sang sont un support de communication dans les pays traversés, mais aussi en France par l’intermédiaire de conférences, d'actions médiatiques, etc. Ainsi, ces voyages contribuent à promouvoir ce geste civique si important dont la vie de tant de personnes, la mienne incluse, a dépendu ou dépendra un jour.

 

Votre collectif organise des conférences – diaporama pour promouvoir de manière différente le don du sang, un petit mot sur le sujet ?

 Au retour de chaque périple, les voyageurs au grand coeur présentent leur voyage dans des écoles, universités, soirées spéciales, etc. C’est à chaque fois l’occasion de voyager tout en étant sensibilisé au don du sang. En 2009, avant que je ne reparte sur les routes, j’ai pu présenter plus de 130 fois une conférence intitulée ‘tour du monde à vélo”. Parfois, la projection précédait de quelques jours une collecte de sang, et on a pu constater n nombre de donneurs multiplié par deux à plusieurs reprises. Ce sont des résultats encourageants qui montrent que nos actions ne sont pas vaines, bien au contraire !

 

Donc tu écris ? Tu transcris tes voyages à vélo en livre ?

Depuis 2004, j’ai pu publier six livres (dont le dernier, le tao du vélo, publié chez Transboréal). C’est pour moi une bonne manière de poursuivre le voyage, et aussi une excellente façon de promouvoir le don du sang.

Es tu le seul auteur ?

Oui, je suis le seul auteur de l’association.

 

Comment en es tu arrivé au salon du Livre de Thénac ?

Le salon m’avait contacté à plusieurs reprises dans le passé. Je n’ai jamais pu venir jusqu’ici car j’étais en voyage ou en conférence, mais cette fois-ci, enfin, j’étais disponible !

 

Écrire est bien différent de pédaler sur un vélo, l'un amène l'autre ou bien ?

La question est difficile. Le premier livre que j’ai écrit, c’était juste pour laisser une trace et aussi pour tenir notre engagement vis à vis de ceux qui nous avaient aidé dans la préparation. Finalement je me suis pris au jeu et ai continué à écrire pour relater chacun de mes voyages. Je pense que le voyage, pour ma part, a amené l’écriture. Le temps passé à méditer sur mon vélo m’aide beaucoup pour la rédaction du livre, et ce sont ces heures de réflexion qui apportent toute la substance à mes carnets de route. Pour moi l’un ne va pas sans l’autre, mais surement parce que je ne suis pas un écrivain à proprement parler, mais un voyageur qui décide d’écrire.

 

Parles nous de toi, ce qui te fait « vibrer » , ta vie , ta « life »

Les pistes de tôle ondulées en Amérique du sud : vibrations garanties ! Autrement je ne sais pas, plein de choses. En voyage, ce qui m’excite beaucoup, c’est le passage de frontières. En France, c’est plutôt la rencontre avec le public lors des conférences. C’est toujours très excitant de découvrir un noueau public, de lusi proposer une film ou un diaporama et de voir comment il réagit...

 

Décris toi au niveau de ta personnalité , qu'est ce qui fait que tu es unique en ton genre ?

On est tous unique dans son genre. Pour ma part, je ne sais pas ce qui fait ma “spécificité”. Le fait d’avoir vécu une EMI (Expérience de Mort Imminente) est une chose importante dans ma vie, quelque chose qui m’a guidé depuis mon accident en 1997. C’est cet accident qui a conditionné ma vie, mes voyages et ma personnalité. J’ai faillit perdre la vie dans cet accident, et finalement c’est cet accident qui m’a tout donné et qui a fait que je sois comme je suis maintenant.

Si je te dis : truc de dingue, tu me réponds quoi ?

En érivant ces lignes je suis en train de numériser les vidéos de mon dernier voyage. Là, j’ai une fenêtre sur mon éran qui me montre les images de Varanasi, en Inde. Ca, c’est un truc de dingue ! Une ville extraordinaire qui pour nous symbolisait la fin de notre errance cyclopédique en Inde, la fin d’une longue galère ! Varanasi, une ville de dingues, la ville où tous les “fous de dieux” veulent mourir.

 

Si je te dis : espoir, tu me réponds quoi ?

L’espoir ? Pas pour l’humanité ! Après mon dernier voyage, dont une grande partie s’est déroulée en Asie, je n’ai pas beaucoup d’espoir dans la survie de l’humanité. Mais comme le dit Paccalet, “l’humanité disparaitra, bon débarras”. Donc l’espoir pour notre planète, c’est que l’humanité disparaisse au plus vite pour qu’elle se refasse une santé !

 

Si je te dis : futur, tu me réponds quoi ?

Essayer de faire en sorte, malgré tout, de sauver cette humanité. Le futur réside dans ce combat que nous devons mener pour nous sauver de cette situation critique. J’ai peur pour mes enfants (que je n’ai pas encore) mais j’ai envie de faire mon possible pour qu’ils puissent vivre sur une planète encore viable pour nous.

 

Parcourir le monde, c'est faire des rencontres, c'est découvrir d'autres manières de vivre je suppose. Qu'est ce qui t'a profondément marqué sur ces différentes expériences ? Une anecdote spéciale qui n'est pas notée dans ton bouquin ? Je suppose aussi qu'en apprenant des autres, tu as pas mal appris sur toi ? Finalement qu'est ce qu'il ressort de tous ces périples et de ces écritures ?

Voyager, c’est évidemment aller vers les autres. Avant de voyager en Asie, j’étais friand de rencontres et je partais pour ça. Après avoir pédalé un an en Asie dont 4 mois en Inde, je me suis beaucoup plus replié sur moi même. Ce dernier voyage a été éprouvant mentalement du fait de la densité de monde et de la curiosité maladive de certaines populations (Iraniens et Indiens surtout). De retour en Auvergne, j’ai apprécié le calme des routes de campagne et le fait de ne pas être interpelé à longueur de journée.

 

Lorsque tu pars , en gros , tu lâches tout ou presque ? Pas trop difficile ?

Non, pas trop difficile dans le sens ou je n’ai pas grand chose mis à part mon vélo et mes sacoches !

 

Lors de ton tout récent voyage qui vient de se finir il y a un mois, tu n'es pas parti seul mais accompagné de Marion. Racontes nous qui elle est et pourquoi elle t'a accompagné.

Marion est ma future épouse. Je l’ai rencontrée à mon retour d’Amérique du Sud et dès le début de notre relation nous avons élaboré un plan d’évasion. Nous avons parlé de ce voyage pendant un an et demi puis nous sommes partis ensemble. Ce voyage, justement, nous a permis de nous connaitre l’un et l’autre. Cela nous a donné la certitude que nous étions fait pour vivre ensemble. Rien de tel qu’un voyage pré-noce pour faire le bon choix !

 

D'ailleurs, n'y aurait il pas une grande nouvelle pour l'année qui vient ?

Si justement, nous nous marions le 19 mai. L’occasion de boucler ce voyage et de commencer une nouvelle aventure à deux.

 

Tu es rentré il y a un mois de ça, d'un périple de deux ans en Asie, si j'ai bien suivi. Comment s'est passé et se passe le « retour » ? Pas trop décalqué ? Le « choc » consiste en quoi et pourquoi ?

Cela fait un mois que nous sommes rentrés, et le retour a été beaucoup plus difficile que d’habitude, surement parce que le voyage a été plus long aussi. Nous avions beaucoup pensé à ce retour durant notre voyage, mais algré tout nous avons du mal à reprendre nos marques, à revoir tous nos amis, à faire tous nos papiers administratifs. Ce doit être ce côté là le plus difficile. Pendant deux ans les seules contraintes administratives furent les deux demandes de visa iraniens et indiens. En dehors de cela nous n’avions aucune contrainte de ce côté là. Ici, nous sommes déjà submergés par des papiers, factures, etc, et c’est difficile de faire le tri et de ne pas repartir, finalement !

 

D'autres projets à venir ? Un livre et un film il me semble ?

Oui, il y a maintenant un gros travail avec la rédaction du prochain livre et la réalisation du film de ce voyage. Nous avons déjà réalisé une petite bande annonce de trois minutes avec des images d’Asie du sud est et d’Australie (http://www.youtube.com/watch?v=Aw_-3k6kt4A) mais il reste beaucoup de boulot; Nous espérons avoir terminé en décembre.

 

« espace libre » pour dire ce que tu as envie :

Beaucoup de choses ont déjà été dites :-) Quoi rajouter, si ce n’est que j’invite tout le monde à partir à l’aventure à bicyclette. Avec un ami, David Genestal, j’avais écrit un livre intitulé “Planète Cézallier” qui relatait un voyage d’une semaine autour de ma maison, en Auvergne. Avec ce livre, je voulais simplement expliquer que l’aventure est accessible à tous, partout. Que l’on soit jeune ou plus âgé, que l’on aille au bout du monde ou près de chez soi, on peut vivre de belles aventures. Il ne faut pas être un “grand” voyageur pour vivre de belles aventures. En pédalant une semaine autour de ma maison, en faisant des étapes de 40 kilomètres par jour, j’ai vécu de très bons moments sur mon vélo. J’invite donc tout le monde à partir à l’aventure autour de sa maison ou jusqu’à un bout du monde, à vélo de préférence !

 

Si tu devais me conseiller quelqu'un (avec qui tu peux me mettre en lien) à interviewer ce serait ? :

 Hervé Sentucq. un ami excellent photographe, proche de la nature et voyageur léger. Un homme passionné et passionnant.

 Voilà, j'espère que cela te convient; N'hésite pas à revenir vers moi pour d'autres précisions ou éclaircissements :-)

 A bientot et bonne continuation pour ton projet. Je ne sais pas encore de quoi il s'agit exactement mais le principal est que tu y trouves satisfaction et épanouissement

   Julien